vendredi 26 octobre 2012

C’est la France qui aurait assassiné Wissam al-Hassan

Source :  french.irib.ir

"C’est la France qui aurait assassiné le chef du bureau de renseignement, le général Wissam el-Hassan en raison de certaines informations hautement confidentielles", rapporte le quotidien libanais Ad diyar citant une source officielle syrienne de haut niveau Selon la source, Damas qui a déjà suffisamment de problèmes, ne fera rien qui puisse lui en causer d’autres.





"Wissam al-Hassan, poursuit-elle, aurait commencé, grâce à Michel Samaha, à faire la lumière sur les relations secrètes entre la Syrie et la France: l'ancien ministre l’aurait en effet mis au courant d’informations dangereuses portant sur la relation entre ces deux pays ainsi que sur son propre rôle secret d’intermédiaire. Samaha aurait donc dévoilé les dessous de la relation syro-française, au niveau des services de renseignements en particulier, ce qui a poussé la France à vouloir liquider Wissam al-Hassan. Il n’est d’ailleurs pas exclu que Michel Samaha soit éliminé à son tour pour enterrer les grands secrets relatifs aux renseignements français et syriens.
Et la source de conclure: La France ne souhaiterait en tout cas pas que les Américains découvrent ses relations secrètes et son rôle en Syrie et dans la région, d’autant plus que Wissam al-Hassan avait commencé à tisser des liens avec les Etats-Unis.
Le quotidien libanais As Safir avait rapporté citant une source sécuritaire bien informée qu’el-Hassan était probablement surveillé, aussi bien à Beyrouth qu'à Berlin et à Paris.
Al-Hassan a été tué le 19 octobre dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier d’Achrafieh à Beyrouth, un jour après son retour de France.

jeudi 25 octobre 2012

La Turquie risque de payer fort chère la facture de son implication en Syrie

Source : www.almanar.com.lb

Prise dans le piège syrien, la Turquie risque de payer fort cher la facture de son implication dans la crise syrienne, tant sur la scène politique interne que régionale avec la question kurde.
En effet, dans son dernier  article publié dans le quotidien asSafir, le journaliste Mohammad Noureddine, spécialiste des affaires turques rapporte que selon un rapport du journal turc Taraf,  les relations entre le gouvernement d'Erdogan et les Kurdes risquent d'assister à une escalade dans les prochains jours  !
Alors que, paradoxalement il y a quelques jours, le premier ministre Recep Erdogan avait exprimé son intention d'entamer des négociations avec le PKK.
« Mais, il semblera que la politique kurde d’Erdogan est sujette à confusion », accuse Noureddine.
A vrai dire, selon ce quotidien turc,  le chef du parti des travailleurs du Kurdistan, Abdallah Oglan ,  en détention dans la prison de l'île Emraly, en Turquie,  a envoyé  un message d'avertissement à Erdogan via  son frère Mohammad, qui semble-t-il aurait été envoyé par le gouvernement turc pour entamer des négociations.
 A l'offre du dialogue d'Erdogan, Oglan  aurait répondu : " ces pourparlers ne mettront pas fin à l'effusion du sang et la fin de ce bain de sang ne peut survenir sans que les Kurdes retrouvent au moins en partie leurs droits".
Mais encore, selon ce rapport, Oglan aurait envoyé via son frère Mohammad un autre message au  leader du «Parti de la paix et de la démocratie» , Mohamad Dimirtach l'exhortant de "tout faire pour obtenir gain de cause au cours de ces négociations, quitte à recruter 50000 combattants prêts à entrer en guerre contre la Turquie  au Printemps prochain" ; ajoutant que "le nombre actuel des combattants, soit dix mille, est insuffisant".

Or, le journaliste d'asSafir rapporte que « Dimirtach a travaillé sur deux axes: le premier, entamer des négociations avec le gouvernement d'Erdogan; et le deuxième, recruter des combattants ».
Le rapport précise qu'Oglan a écrit à Dimirtach que "si la guerre est nécessaire, alors faisons une guerre dans tous les sens du terme, car dans ce cas elle durera trois mois".
Cela dit, Oglan avoue que  "la guerre que  le PKK a entamée durant ses trente dernières années, n'était pas une véritable guerre, d'où elle n'a pas donné les résultats escomptés”. Ajoutant que "le nombre de combattants devrait être prêt d'ici trois mois".
Dans sa lettre,   Oglan estime que "le gouvernement Erdogan n'est pas sincère dans son discours à propos d'une solution" et exige à ce que "le gouvernement prouve son intention dans les trois mois à venir, toutefois il peut le faire durant un mois s'il le désire. Car le problème ne peut pas être résolu selon un agenda électorale présidentiel".
" Erdogan parle tantôt de dialogue tantôt de  guerre et les kurdes croient surtout que le premier ministre turc tente de s'acheter du temps et de laisser trainer la question kurde" poursuit Oglan.
Et de menacer: " La guerre sera déclenchée si Erdogan n'honore pas ses engagements au cours de ses pourparlers avec les Kurdes"!
A travers ce regain de tension entre le PKK et le gouvernement turc, le quotidien souligne que « le PKK cherche à atteindre deux objectifs: d'une part la libération d'Oglan de la prison et le placer en résidence surveillée et d'autre part, l'escalade de la guerre via le recrutement de 50000 combattants ».
Or, Erdogan est loin d’être sorti d’affaire, car non seulement il a les kurdes sur le dos, mais en plus  à cause de son ingérence dans les affaires syriennes, il a réussi à provoquer l’animosité de la majorité des partis de gauche arabes et même européens..

Les partis de gauche arabes se réunissent à Istanbul et pointent du doigt Erdogan

A l'issue de deux jours de réunion des partis de gauche arabes, lors de la conférence internationale qui a eu lieu à Istanbul sous le titre : «soulèvements arabes et  slogans de prochaine période»,  les partis de gauche ont condamné la politique étrangère d'Erdogan au Moyen-Orient surtout à l'égard de la Syrie.
Au cours de cette conférence, les participants ( le Parti communiste libanais,  les partis de gauche du monde arabe , de la Turquie, de l'Iran, de l'Allemagne et de l'Espagne, ainsi qu’un certain nombre de députés turcs  intéressés par  la politique étrangère de la Turquie, et les soulèvements arabes, sans oublier la question kurdes) ont discuté  de l' «attaque américaine soutenue par l'Occident, la Turquie et l'entité sioniste, en coopération avec  les  forces arabes et islamiques  de droite dites modérées,  afin de contenir les révoltes populaires et les diriger contre les intérêts de leurs peuples», selon un communiqué publié par le parti communiste libanais.
Les participants ont adopté une déclaration conjointe dans laquelle ils condamnent la politique américaine dans le monde arabe ainsi que la politique d'Erdogan au Moyen-Orient et exigent le «retrait  des bases américaines et de  celles de l'OTAN en Turquie et dans le Golfe".
Il reste que la plus grande menace qu’Erdogan devra désormais affronté dans les mois  à venir est celle du sectarisme qui commence à s’infiltrer dans le tissu social de la communauté turque.

Le sectarisme : une réelle menace contre l’unité turque

Parmi les retombées négatives de l’implication d’Erdogan dans la crise syrienne, l’arrivé de réfugiés syriens sur le sol turc,  fuyant les combats dans leur pays, a attisé les tensions enter les Turcs alaouites et les Turcs sunnites, les premiers critiquant la politique  d’Erdogan envers le président syrien Bachar al- Assad.
Ainsi, dans la province de Hatay , située à la frontière turque, où cohabitent plusieurs minorités religieuses chrétiennes au sein d’une majorité de musulmans sunnites, la critique des Turcs-arabes qui partagent avec les alaouites de Syrie la même doctrine,  croît envers le gouvernement d’Ankara à cause  des milices d'opposition qu’il envoie  pour se battre contre le gouvernement syrien.
Certains alaouites  rapportent des incidents isolés entre sunnites et alaouites, voire ils parlent d’ « une force alaouite qui commence à s’armer ».
En fait, les alaouites estiment que « la Turquie, qui était à une époque le partenaire commercial le plus  important et un allié primordial du président Assad,  joue la carte du sectarisme en fournissant tout le soutien nécessaire à la partie qui est censée gouverner la Syrie après la chute de Bachar alAssad.  Notamment, « des figures de l'opposition et des ex-responsables de l'armée syrienne résidant en Turquie ».
Parmi les cas cités par l’agence Reuters, illustrant ce début de sectarisme qui menace de causer une fracture au sein de la société turque ; le cas d’un milicien, qui a refusé  une infirmière turque, dans un hôpital à Antioche de soigner un de ses compagnons sous prétexte qu’elle était alaouite !
 «Je ne veux pas qu’elle le soigne. Elle est alaouite, et les alaouites sont tous des espions » a-t-il affirmé.
Toujours selon Reuters, un propriétaire de café, un dénommé Ibrahim avait interrogé les gens assis autour de lui : «  Qui dans cette salle a au moins un parent en Syrie? Tous ont levé la main, ils  étaient tous  Alaouites, dont un sunnite et un chrétien.
 «Nous sommes tous en quelque sorte lié à la Syrie. Et ce que la Turquie fait là-bas, nous affecte tous. Si la Turquie  suspend son soutien, la  guerre s’arrêtera ».
A noter, que la  moitié de la population de la province de Hatay, soit  1,5 million d'habitants, est  des Alaouites. Cette province est un devenue partie intégrante  du  territoire de la Turquie suite à un  référendum en 1939, lorsque la Syrie était sous mandat français.  La République turque n'avait  que 16 ans.

Abdallah Id, habitant de la banlieue d'Alep forcé par les gangs armés à devenir un terroriste

Source : sana.sy

24 Oct 2012

Damas  /  Le citoyen Abdallah Id, l'un des habitants de la banlieue d'Alep, a été forcé par un gang terroriste armé à devenir un terroriste.
Dans un entretien avec l'agence SANA, Id a indiqué qu'il habitait dans la zone de Salah al-Dine pour poursuivre ses études universitaires de Charia où un gang terroriste armé s'était rendu dans le secteur au début du mois de Ramadan dernier avant que l'armée arabe syrienne ne fasse son entrée dans la dite zone pour la purifier. " Après deux semaine, un gang terroriste armé appartenant à Jabhet al-Nosra relevant d'al-Qaïda m'avait arrêté et recruté au soi-disant "la brigade d'al-Tawhid" dans son village Mare'.
Il a ajouté avoir planifié dès le début de son recrutement par les gangs terroristes armés à prendre la fuite et à demander du secours aux forces armées, soulignant qu'il n'avait pas réussi. "Pendant deux mois de présence avec eux, j'ai découvert leurs pratiques criminelles contre les habitants de la région, lesquelles sont contraires aux préceptes religieux et moraux", a-t-il souligné.
Id a indiqué que les terroristes l'avaient obligé à se positionner dans l'une de leurs barricades à Souk al-Khabyeh à Bab al-Nasr contre 150 $.
A noter qu'Abdallah Id, né en 1990 dans le village de Mari', est un étudiant en 3ème année à la faculté de charia à l'université d'Alep. 
A. Chatta & T. Slimani

lundi 15 octobre 2012

L'histoire sécréte de la Guerre de Kippour.

Source : leschroniquesderorschach.blogspot.fr





J’ai récemment reçu à Moscou une chemise bleu-marine datée de 1975, qui contenait l’un des secrets les mieux gardés de la diplomatie du Moyen Orient et des USA. Le mémoire rédigé par l’ambassadeur soviétique au Caire Vladimir M. Vinogradov, apparemment le brouillon d’un rapport adressé au Politbureau soviétique décrit la guerre d’octobre 1973 comme un complot entre les dirigeants israéliens, américains et égyptiens, orchestré par Henry Kissinger. Cette révélation va vous choquer, si vous êtes un lecteur égyptien. Moi qui suis un Israélien et qui ai combattu les Égyptiens dans la guerre de 1973, j’ai été choqué aussi, je me suis senti poignardé, et je reste terriblement excité par l’incroyable découverte. Pour un Américain cela pourra être un choc.
A en croire le dit mémoire (à paraître in extenso dans le magazine prestigieux Expert de Moscou), Anouar al Sadate, qui cumulait les titres de président, premier ministre, président de l’ASU, commandant en chef des armées, avait conspiré de concert avec les Israéliens, avait trahi la Syrie son alliée, condamné l’armée syrienne à sa perte, et Damas à se retrouver bombardée, avait permis aux tanks de Sharon de s’engager sans danger sur la rive occidentale du Canal de Suez, et en fait, avait tout simplement planifié la défaite des troupes égyptiennes dans la guerre d’octobre 1973. Les soldats égyptiens et officiers se battirent bravement et avec succès contre l’armée israélienne -trop bien, même, au goût de Sadate, puisqu’il avait déclenché la guerre pour permettre aux USA de faire leur retour au Moyen Orient. Tout ce qu’il réussit à faire à Camp Davis, il aurait pu l’obtenir sans guerre quelques années plus tôt.
Il n’était pas le seul à conspirer : selon Vinogradov, la brave grand’mère Golda Meir avait sacrifié deux mille des meilleurs combattants juifs ( elle ne pensait pas qu’il en tomberait autant, probablement) afin d’offrir à Sadate son heure de gloire et de laisser les USA s’assurer de positions solides au Moyen Orient. Le mémoire nous ouvre la voie pour une réinterprétation complètement inédite du traité de Camp David, comme un pur produit de la félonie et de la fourberie.
Vladimir Vinogradov était un diplomate éminent et brillant ; il a été ambassadeur à Tokyo dans les années 1960, puis au Caire de 1970 à 1974, co-président de la Conférence de Paix de Genève, ambassadeur à Téhéran pendant la révolution islamique, représentant au Ministère des Affaires étrangères de l’URSS et ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. C’était un peintre de talent, et un écrivain prolifique ; ses archives comportent des centaines de pages d’observations uniques et de notes qui couvrent les affaires internationales, mais son journal du Caire tient la place d’honneur, et parmi d’autres, on y trouve la description de ses centaines de rencontres avec Sadate, et la séquence complète de la guerre, puisqu’il l’observait depuis le quartier général de Sadate au moment précis où les décisions étaient prises. Lorsqu’elles seront publiées, ces notes permettront de réévaluer la période post-nassérienne de l’histoire égyptienne.
Vinogradov était arrivé au Caire pour les funérailles de Nasser, et il y resta comme ambassadeur. Il a rendu compte du coup d’État rampant de Sadate, le moins brillant des hommes de Nasser, qui allait devenir le président par un simple hasard, parce qu’il était le vice-président à la mort de Nasser. Il avait aussitôt démis de leurs fonctions, exclu et mis en prison pratiquement tous les hommes politiques importants de l’Égypte, les compagnons d’armes de Gamal Abd el Nasser, et démantela l’édifice du socialisme nassérien..
Vinogradov était un fin observateur, mais nullement un comploteur ; loin d’être un doctrinaire têtu, c’était un ami des Arabes et il soutenait fermement l’idée d’une paix juste entre Arabes et Israël, une paix qui satisferaient les besoins des Palestiniens et assurerait la prospérité juive.
La perle de ses archives, c’est le dossier intitulé "La partie en jeu au Moyen Orient". Il contient quelques 20 pages dactylographiées, annotées à la main, à l’encre bleue, et il s’agit apparemment d’un brouillon pour le Politbureau et pour le gouvernement, daté de janvier 1975, juste après son retour du Caire. La chemise contient le secret mortel de la collusion dont il avait été témoin. C’est écrit dans un russe vivant et tout à fait agréable à lire, pas dans la langue de bois bureaucratique à laquelle on pourrait s’attendre. Deux pages ont été ajoutées au dossier en mai 1975 ; elles décrivent la visite de Vinogradov à Amman et ses conversations informelles avec Abou Zeid Rifai, le premier ministre, ainsi que son échange de vues avec l’ambassadeur soviétique à Damas.
Vinogradov n’a pas fait connaître ses opinions jusqu’en 1998, et même à ce moment, il n’a pas pu parler aussi ouvertement que dans ce brouillon. En fait, quand l’idée de collusion lui eût été présentée par le premier ministre jordanien, il avait refusé d’en discuter avec lui, en diplomate avisé.
La version officielle de la guerre d’octobre 1973 dit que le 6 octobre 1973, conjointement avec Hafez al-Assad de Syrie, Anouar al Sadat déclencha la guerre, avec une attaque surprise contre les forces israéliennes. Ils traversèrent le canal de Suez et s’avancèrent dans le Sinaï occupé, juste quelques kilomètres. La guerre se poursuivant, les tanks du général Sharon avaient traversé à leur tour le canal, et encerclé la troisième armée égyptienne. Les négociations pour le cessez-le feu avaient débouché sur la poignée de main à la Maison Blanche.
En ce qui me concerne, la guerre de Yom Kipour, comme nous l’avions appelée constitue un chapitre important de ma biographie. En tant que jeune parachutiste, j’ai combattu, pendant cette guerre, j’ai traversé le canal, j’ai pris les hauteurs de Gabal Ataka, j’ai survécu aux bombardements et aux corps-à-corps, j’ai enseveli mes camarades, tiré sur les chacals du désert mangeurs d’hommes et sur les tanks ennemis. Mon unité avait été amenée par hélicoptère dans le désert, où nous avons coupé la ligne principale de communication entre les armées égyptiennes et leur base, la route Suez-le Caire. Notre position, à 101 km du Caire, a servi de cadre aux premières conversations pour le cessez-le-feu ; de sorte que je sais que la guerre n’est pas un vain mot, et cela me fait mal de découvrir que moi et mes camarades en armes n’étions que des pions jetables dans le jeu féroce où nous, les gens ordinaires, étions les perdants. Bien entendu, je n’en savais rien à ce moment, pour moi, la guerre était la surprise, mais je n’étais pas général à l’époque.
Pour Vinogradov, aucune surprise : de son point de vue, tant la traversée du canal par les Égyptiens que les incursions de Sharon étaient planifiées, agréées à l’avance par Kissinger, Sadate et Golda Meir. Le plan comportait d’ailleurs la destruction de l’armée syrienne au passage.
Pour commencer, il pose certaines questions : comment la traversée pourrait-elle avoir été une surprise alors que les Russes avaient évacué leurs familles quelques jours avant la guerre ? La concentration des forces était facile à observer, et ne pouvait pas échapper à l’attention des Israéliens. Pourquoi les forces égyptiennes n’ont-elles pas avancé après avoir traversé, et sont-elles restées plantées là ? Pourquoi n’y avait-il aucun plan pour aller plus loin ? Pourquoi y avait-il un large espace vide de 40 km, non gardé, entre la deuxième et la troisième armée, une brèche qui était une invitation pour le raid de Sharon ? Comment les tanks israéliens ont-ils pu ramper jusqu’à la rive occidentale ? Pourquoi Sadate avait-il refusé de les arrêter ? Pourquoi n’y avait il pas de forces de réserve sur la rive occidentale ?
Vinogradov emprunte une règle chère à Ssherlock Holmes qui disait : quand vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable cela soit-il, doit être la vérité. Il écrit : on ne saurait répondre à ces questions si l’on tient Sadate pour un véritable patriote égyptien. Mais on peut y répondre pleinement, si l’on considère la possibilité d’une collusion entre Sadate, les USA et la direction israélienne. Une conspiration dans laquelle chaque participant poursuivait ses propres objectifs. Une conspiration dans laquelle aucun participant ne connaissait tous les détails du jeu des autres. Une conspiration dans laquelle chacun essayait de rafler la mise, en dépit de l’accord commun.
Le plan de Sadate
Sadate était au point le plus bas de son pouvoir avant la guerre : il perdait son prestige dans son pays et dans le monde. Le moins diplômé et le moins charismatique des disciples de Nasser se retrouvait isolé. Il avait besoin d’une guerre, d’une guerre limitée avec Israël, qui ne se terminerait pas par une défaite. Une telle guerre l’aurait soulagé de la pression de l’armée, et il aurait retrouvé son autorité. Les USA étaient d’accord pour lui donner le feu vert pour la guerre, chose que les Russes n’avaient jamais fait. Les Russes protégeaient le ciel égyptien, mais ils étaient contre les guerres. Sadate devait s’appuyer sur les USA et se dégager de l’URSS. Il était prêt à le faire parce qu’il détestait le socialisme. Il n’avait pas besoin de la victoire, juste d’une non-défaite ; il avait l’intention d’expliquer son échec par la déficience des équipements soviétiques. Voilà pourquoi il avait imparti à l’armée une tâche minimale : traverser le canal et tenir la tête de pont jusqu’à ce que les Américains entrent dans la danse.
Le plan des USA
Les USA avaient perdu leur emprise sur le Moyen Orient, avec son pétrole, son canal, sa vaste population, au cours de la décolonisation. Ils étaient obligés de soutenir l’allié israélien, mais les Arabes n’arrêtaient pas de se renforcer. Il aurait fallu obliger Israël à plus de souplesse, parce que sa politique brutale interférait avec les intérêts américains. Si bien que les USA devaient conserver Israël en tant qu’allié, mais au même moment il leur fallait briser l’arrogance d’Israël. Les USA avaient besoin d’une occasion de "sauver" Israël après avoir autorisé les Arabes à frapper les Israéliens pendant un moment. Voilà comment les USA permirent à Sadate d’entamer une guerre limitée.
Israël
Les dirigeants israéliens se devaient d’aider les USA, leur principal fournisseur et soutien. Les USA devaient consolider leurs positions au Moyen Orient, parce qu’en 1973 ils n’avaient qu’un seul ami et allié, le roi Fayçal. (Kissinger avait dit à Vinogradov que Fayçal essayait de l’endoctriner sur la malignité des juifs et des communistes). Si les USA devaient retrouver leurs positions au Moyen Orient, les positions israéliennes s’en trouveraient fortifiées d’autant. L’Égypte était un maillon faible, parce que Sadate n’aimait pas l’URSS ni les forces progressistes locales, on pouvait le retourner. Pour la Syrie, il fallait agir au plan militaire, et la briser.
Les Israéliens et les Américains décidèrent donc de laisser Sadate s’emparer du canal tout en contrôlant les cols de Mittla et de Giddi, la meilleure ligne de défense de toute façon. C’était le plan de Rogers en 1971, et c’était acceptable pour Israël. Mais cela devait être le résultat d’une bataille, et non pas une cession gracieuse.
Pour ce qui est de la Syrie, il fallait la battre à plate couture, au plan militaire. Voilà pourquoi l’État-major israélien envoya bien toutes ses troupes disponibles sur la frontière syrienne, tout en dégarnissant le Canal, malgré le fait que l’armée égyptienne était bien plus considérable que celle des Syriens. Les troupes israéliennes sur le canal allaient se voir sacrifiées dans la partie, elles devaient périr pour permettre aux USA de revenir au Moyen Orient.
Cependant, les plans des trois partenaires allaient se voir quelque peu contrariés par la réalité du terrain ; c’est ce qui se produit généralement avec les conspirations, rien ne se passe comme prévu, dit Vinogradov, dans son mémoire...
Pour commencer, le jeu de Sadate se trouva faussé. Ses présupposés ne fonctionnèrent pas. Contrairement à ses espérances, l’URSS prit le parti des Arabes et commença à fournir par voie aérienne l’équipement militaire le plus moderne, aussitôt. L’URSS prit le risque d’une confrontation avec les USA ; Sadate ne croyait pas qu’ils le feraient parce que les Soviétiques étaient réticents envers la guerre, avant qu’elle éclate. Son second problème, selon Vinogradov, était la qualité supérieure des armes russes aux mains des Égyptiens. Elles étaient meilleures que l’armement occidental aux mains des Israéliens.
En tant que soldat israélien à l’époque, je ne puis que confirmer les paroles de l’ambassadeur. Les Égyptiens bénéficiaient de la légendaire Kalachnikov AK-47, le meilleur fusil d’assaut au monde, alors que nous n’avions que des fusils FN qui détestaient le sable et l’eau. Nous avons lâché nos FN pour nous emparer de leurs AK à la première occasion. Ils utilisaient des missiles anti-chars Sagger légers, portables, précis, qu’un seul soldat pouvait charger. Les Saggers ont bousillé entre 800 et 1200 chars israéliens. Nous avions de vieilles tourelles de 105 mm sans recul montées sur des jeeps, et il fallait quatre hommes sur chacune ( en fait un petit canon) pour combattre les chars. Seules les nouvelles armes américaines redressaient quelque peu l’équilibre.
Sadate ne s’attendait pas à ce que les troupes égyptiennes entraînées par les spécialistes soviétiques surpassent leur ennemi israélien, mais c’est ce qui se passa. Elles franchirent le canal bien plus vite que ce qui était prévu, et avec beaucoup moins de pertes. Les Arabes battaient les Israéliens, et c’était une mauvaise nouvelle pour Sadate. Il était allé trop loin. Voilà pourquoi les troupes égyptiennes s’arrêtèrent, comme le soleil au-dessus de Gibéon, et ne bougèrent plus. Ils attendaient les Israéliens, mais à ce moment les Israéliens étaient en train de combattre les Syriens. Les Israéliens se sentaient relativement tranquilles du côté de Sadate, et ils avaient envoyé toute leur armée au nord. L’armée syrienne reçut de plein fouet l’assaut israélien et commença à battre en retraite, ils demandèrent à Sadate d’avancer, pour les soulager un peu, mais Sadate refusa. Son armée resta plantée là, sans bouger, malgré le fait qu’il n’y avait pas un Israélien en vue entre le canal et les cols de montagne. Le dirigeant syrien Assad était convaincu à l’époque que Sadate l’avait trahi, et il le déclara franchement à l’ambassadeur soviétique à Damas, Muhitdinov, qui en fit part à Vinogradov. Vinogradov voyait Sadate tous les jours et il lui demanda en temps réel pourquoi ses troupes n’avançaient pas. Il ne reçut aucune réponse sensée : Sadate bredouilla qu’il ne voulait pas parcourir tout le Sinaï pouraller à la rencontre des Israéliens, qu’ils arriveraient bien jusqu’à lui tôt ou tard.
Le commandement israélien était bien ennuyé, parce que la guerre ne sa passait pas comme ils s’y attendaient. Ils avaient de lourdes pertes sur le front syrien, les Syriens se retiraient, mais il fallait se battre pour chaque mètre ; seule la passivité de Sadate sauvait les Israéliens d’un revers. Le plan pour en finir avec la Syrie avait raté, mais les Syriens ne pouvaient pas contre-attaquer efficacement.
Il était temps de punir Sadate : son armée était trop efficace, son avance trop rapide, et pire encore ; il dépendait encore plus des Soviétiques, grâce au pont aérien. Les Israéliens mirent fin à leur avancée sur Damas et envoyèrent les troupes au sud, dans le Sinaï. Les Jordaniens pouvaient à ce moment-là couper la route nord-sud, et le roi Hussein offrit de le faire à Sadate et à Assad. Assad accepta immédiatement, mais Sadate refusa d’accepter l’offre. Il expliqua à Vinogradov qu’il ne croyait pas aux capacités de combat des Jordaniens. S’ils rentrent dans la guerre, c’est l’Égypte qui va devoir les tirer d’affaire. A un autre moment, il dit qu’il valait mieux perdre tout le Sinaï que de perdre un mètre carré en Jordanie : remarque qui manquait de sincérité et de sérieux, du point de vue de Vinogradov. Et voilà comment les troupes israéliennes marchèrent vers le sud sans encombre.
Pendant la guerre, nous les Israéliens savions aussi que si Sadate avançait, il s’emparerait du Sinaï en moins de deux ; nous examinions plusieurs hypothèses pour comprendre pourquoi il ne bougeait pas, mais aucune n’était satisfaisante. C’est Vinogradov qui nous donne la clé à présent ; Sadate ne jouait plus sa partition, il attendait que les USA interviennent. Et il se retrouva avec le raid de Sharon fonçant.
La percée des troupes israéliennes jusqu’à la rive occidentale du canal est la partie la plus sombre de la guerre, dit Vinogradov. Il demanda à l’État-major de Sadate au début de la guerre pourquoi il y avait une large brèche de 40 km entre les deuxième et troisième corps d’armées, et on lui répondit que c’était une directive de Sadate. La brèche n’était même pas gardée, c’était un porte grande ouverte, comme un Cheval de Troie tapi au fond d’un programme d’ordinateur.
Sadate n’accorda pas d’attention au raid de Sharon, il était indifférent à ces coups de théâtre. Vinogradov lui demanda de faire quelque chose, dès que les cinq premiers chars israéliens eurent traversé le canal, mais Sadate refusa, disant que ça n’avait pas d’importance militairement, que ce n’était qu’une "manœuvre politique", expression fort brumeuse. Il le redit plus tard à Vinogradov, lorsque l’assise israélienne sur la rive occidentale fut devenue une tête de pont incontournable. Sadate n’écouta pas les avertissements de Moscou, il ouvrit la porte de l’Afrique aux Israéliens.
Il y a place pour deux explications, dit Vinogradov : impossible que l’ignorance militaire des Égyptiens fût aussi grande, et improbable que Sadate eût des intentions cachées. Et c’est l’improbable qui clôt le débat, comme le faisait remarquer Sherlock Holmes.
Si les Américains n’ont pas stoppé l’avancée aussitôt, dit Vinogradov, c’est parce qu’ils voulaient avoir un moyen de pression pour que Sadate ne change pas d’avis sur tout le scénario en cours de route. Apparemment la brèche avait été conçue dans le cadre de cette éventualité. Donc, quand Vinogradov parle de "conspiration", il se réfère plutôt à une collusion dynamique, semblable à la collusion concernant la Jordanie, entre la Yeshuva juive et la Transjordanie, telle que l’a décrite Avi Shlaim : il y avait des lignes générales et des accords, mais qui pouvaient changer selon le rapport de force entre les parties.
Conclusion
Les USA ont "sauvé" l’Égypte en mettant un point d’arrêt à l’avancée des troupes israéliennes. Avec le soutien passif de Sadate, les USA ont permis à Israël de frapper durement la Syrie.
Les accords négociés par les USA pour l’intervention des troupes de l’ONU ont protégé Israël pour les années à venir. (Dans son document important mais différent, ses annotations au livre de Heikal Road to Ramadan, Vinogradov rejette la thèse du caractère inévitable des guerres entre Israéliens et Arabes : d’après lui, tant que l’Égypte reste dans le sillage des USA, une telle guerre est à écarter. Effectivement, il n’y a pas eu de grande guerre depuis 1974, à moins de compter les "opérations" israéliennes au Liban et à Gaza.)
Les US ont sauvé Israël grâce à leurs fournitures militaires. Grâce à Sadate, les US sont revenus au Moyen Orient et se sont positionné comme les seules médiateurs et "courtiers honnêtes" dans la région.
Sadate entreprit une violente campagne anti-soviétique et antisocialiste, dit Vinogradov, dans un effort pour discréditer l’URSS. Dans ses Notes,
Vinogradov charge le trait, affirmant que Sadate avait répandu beaucoup de mensonges et de désinformation afin de discréditer l’URSS aux yeux des Arabes. Sa ligne principale était que l’URSS ne pouvait ni ne souhaitait libérer le territoire arabe alors que les US le pouvaient, le voulaient, et le faisaient..
Vinogradov explique ailleurs que l’Union soviétique était et reste opposée aux guerres d’agression, entre autres raisons parce que l’issue n’en est jamais certaine. Cependant, l’URSS était prête à aller loin pour défendre les États arabes. Et pour ce qui est de la libération, bien des années sont passées, et ont prouvé que les US ne voulaient ou ne pouvaient nullement en faire autant, alors que la dévolution du Sinaï à l’Égypte était toujours possible, en échange d’une paix séparée, et cela même sans guerre.
Après la guerre, les positions de Sadate s’améliorèrent nettement. Il fut salué comme un héros, l’Égypte eut la place d’honneur parmi les États arabes. Mais en moins d’un an, sa réputation se retrouva en lambeaux, et celle de l’Égypte n’a cessé de se ternir, dit Vinogradov.
Les Syriens avaient compris très tôt le jeu de Sadate : le 12 octobre 1973, lorsque les troupes égyptiennes s’arrêtèrent et cessèrent de combattre, le président Hafez al Assad dit à l’ambassadeur soviétique qu’il était certain que Sadate était en train de trahir volontairement la Syrie. Sadate avait permis la percée israélienne jusque sur la rive occidentale de Suez, de façon à offrir à Kissinger une occasion d’intervenir et de concrétiser son plan de désengagement, confia Assad au premier ministre jordanien Abu Zeid Rifai qui le dit à son tour à Vinogradov durant un petit-déjeuner privé qu’ils prirent chez lui à Amman. Les Jordaniens aussi soupçonnent Sadate de tricher, écrit Vinogradov. Mais le prudent Vinogradov refusa de rentrer dans ce débat, tout en ayant bien l’impression que les Jordaniens "lisaient dans ses pensées."
Lorsque Vinogradov fut désigné comme co-président de la Conférence de paix de Genève, il fit face à une position commune à l’Égypte et aux USA visant à saboter la conférence, tandis qu’Assad refusait tout simplement d’y participer. Vinogradov lui remit un avant-projet pour la conférence et lui demanda si c’était acceptable pour la Syrie. Assad répondit ; oui, sauf une ligne. Quelle ligne, demanda plein d’espoir Vinogradov, et Assad rétorqua ; la ligne qui dit "la Syrie accepte de participer à la conférence." Et la conférence fut un fiasco, comme toutes les autres conférences et conversations diverses.
Quoique les soupçons formulés par Vinogradov dans son document secret soient venus à l’esprit de différents experts militaires et historiens, jamais jusqu’alors ils n’avaient été formulés par un participant aux évènements, une personne aussi haut placée, aussi informée, présente aux moments clé, et en possession de tous les éléments. Les notes de Vinogradov permettent de déchiffrer et de retracer l’histoire de l’Égypte : désindustrialisation, pauvreté, conflits internes, gouvernement militaire, le tout étroitement lié à la guerre bidon de 1973.
Quelques années après la guerre, Sadate était assassiné, et son successeur désigné Hosni Moubarak entama son long règne, suivi par un autre participant à la guerre d’octobre, Gen Tantawi. Obtenu par le mensonge et la trahison, le traité de paix de Camp David protège toujours les intérêts américains et israéliens. C’est seulement maintenant, alors que le régime de l’après Camp David commence à donner des signes d’effondrement, que l’on peut espérer quelque changement. Le nom de Sadate au panthéon des héros égyptiens était protégé jusqu’à maintenant, mais à la fin, comme on dit, tout ce qui est caché un temps s’avèrera transparent.
PS. en 1975, Vinogradov ne pouvait pas prédire que la guerre de 1973 et les traités qui en découlèrent allaient changer le monde. Ils scellèrent l’histoire de la présence soviétique et de sa prépondérance dans le monde arabe, même si les derniers vestiges en furent détruits par la volonté américaine bien plus tard : en Irak en 2003, et en Syrie c’est maintenant qu’ils se voient minés. Ils ont saboté la cause du socialisme dans le monde, ce qui a été le commencement de sa longue décadence. L’URSS, l’État triomphant en 1972, le quasi gagnant de la guerre froide, finit par la perdre. Grâce à la mainmise américaine en Égypte, le schéma des pétrodollars se mit en place, et le dollar qui avait entamé son déclin en 1971 en perdant la garantie or se reprit et devint à nouveau la monnaie de réserve unanimement acceptée. Le pétrole des Saoudiens et des émirs, vendu en dollars, devint la nouvelle ligne de sauvetage de l’empire américain. Avec le recul et armés du mémoire de Vinogradov, nous pouvons affirmer que c’est en 1973-74 que se situe la bifurcation de notre histoire.
Traduction : Maria Poumier

vendredi 12 octobre 2012

Le Golan, un territoire stratégique

www.lesclesdumoyenorient.com

Par Anne-Lucie Chaigne-Oudin

La question du Golan est une des préoccupations territoriales et diplomatiques de la Syrie depuis la guerre des six jours. A plusieurs reprises, des négociations ont été entreprises avec Israël afin de parvenir à un accord, mais elles n’ont jusqu’à aujourd’hui pas abouti.

Le Golan, un territoire stratégique convoité

La position géographique du Golan, situé entre le Liban, la Jordanie et Israël, ainsi que sa richesse en eau, en font un territoire convoité au cours de l’histoire.
Le Golan est un territoire du sud-ouest de la Syrie, s’étendant sur 1250 km2, large de 12 à 25 km et long de 67 km. Le plateau du Golan est limité au nord par la frontière avec le Liban et par le mont Hermon (2800 mètres) ; au sud par la frontière avec la Jordanie marquée par la vallée du Yarmouk ; à l’est il surplombe à 1000 mètres d’altitude les plaines syriennes du Hauran ; à l’ouest par le Jourdain et par le lac de Tibériade.
Sur le plan hydraulique, le Golan est également stratégique, puisqu’il contribue à approvisionner Israël en eau et à recharger son principal réservoir, le lac de Tibériade. En effet, les rivières qui alimentent le Jourdain se trouvent sur le plateau du Golan et se rejoignent au niveau de la dépression de Houlé : il s’agit du Hasbani qui prend sa source au Liban, du Dan en Israël et du Banias sur le Golan.
Depuis l’antiquité, la position géographique du Golan et sa richesse en eau en font un espace stratégique sur le plan militaire. Les Romains y avaient stationné des troupes afin de protéger les réserves hydrauliques. Au temps des croisades, croisés et musulmans cherchent à contrôler ce territoire stratégique sur la route de Damas, ville située à 50 km du Golan. Au début du XII ème siècle, les croisés installent sur les pentes du mont Hermon, au nord du Golan, un poste d’observation fortifié. A l’époque des mandats français et britannique, après plusieurs tractations concernant les partages territoriaux, une convention signée en 1923 entre les deux puissances mandataires place le Golan en territoire syrien sous mandat français ; le lac Houlé et le lac de Tibériade en territoire palestinien sous mandat britannique. A la suite de la guerre de 1949, une zone démilitarisée placée sous le contrôle de l’ONU est installée aux abords du Banias ; au sud du lac Houlé ; au nord et au sud du lac de Tibériade. Sur le reste du territoire, les Syriens, mettant à profit la position défensive du Golan, installent des batteries sur la crête ouest dominant le lac de Tibériade et le Jourdain.
Le Golan a également une valeur symbolique, aussi bien pour Israël que pour la Syrie. Si le Golan n’est pas mentionné dans la Bible, à l’inverse de la Cisjordanie (Judée-Samarie) et de Jérusalem, tous deux conquis pendant la guerre des six jours et cités dans la Bible, il a en revanche une valeur historique pour Israël, des fouilles archéologiques ayant permis d’identifier en 1968 la cité fortifiée de Gamla, dont la population, attachée au judaïsme, subit le siège des troupes romaines de Titus et de Vespasien en 67 et 68. Pour la Syrie, la perte territoriale du Golan en 1967 fait écho à celles du passé : lors du partage de la région syrienne après la Première Guerre mondiale en Syrie, Liban et Palestine ; lors de la cession du sandjak d’Alexandrette en 1939 à la Turquie par la puissance mandataire française.

Le Golan jusqu’à la guerre des six jours

Les eaux du Jourdain représentent un enjeu pour les Etats arabes et pour Israël. Dès le début des années 1930, des spécialistes israéliens envisagent de drainer les eaux se trouvant autour du lac Houlé (en contrebas du Golan et au niveau de la jonction du Jourdain et des trois rivières Hasbani, Dan et Banias) vers le lac de Tibériade. En septembre 1953, ce projet est repris, Israël annonçant procéder à des travaux afin de construire un canal de dérivation dans la région du lac Houlé. Ce plan provoque le refus arabe et l’intervention des Etats-Unis, soucieux de trouver une solution à ces tensions. Le président Eisenhower envoie alors dans la région Eric Johnston. Ce dernier propose un plan, le plan Johnston, qui prévoit l’exploitation des eaux du Jourdain entre la Jordanie (56%), Israël (31%), la Syrie (10%) et le Liban (3%). Ce plan est refusé par les Etats arabes et par Israël.
Des projets individuels sont alors menés par la Jordanie et par Israël. La Jordanie met en place un réseau d’irrigation par le détournement des eaux du Yarmouk, situé à la frontière syro-jordanienne. Israël continue à détourner les eaux du lac Houlé vers le lac de Tibériade et achève en 1964 la construction du National Water Carrier, réseau qui utilise l’eau du lac de Tibériade pour irriguer le pays jusqu’au Néguev. La réalisation de ce projet relance les incidents entre la Syrie et Israël dans la région du Golan et du lac Houlé. La tension continue à monter, tandis que les Etats arabes mettent en œuvre, à la suite du premier sommet arabe de 1964 organisé par Nasser au Caire, un plan de détournement des eaux du Jourdain au profit de la Syrie, de la Jordanie et du Liban. Les tensions se poursuivent sur le Jourdain, autour des installations (chantiers, barrages, installations hydrauliques) de chacune des parties.
La guerre des six jours voit la victoire d’Israël et la prise (outre du Sinaï égyptien, de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie) du Golan syrien, neutralisant ainsi les installations militaires installées par la Syrie sur le plateau du Golan (bunkers, artillerie, tranchées) à la suite de la création de l’Etat d’Israël. Israël contrôle ainsi les eaux du Golan, notamment les rivières Dan et Banias et met fin au projet arabe de dérivation des eaux du Jourdain vers le Yarmouk. En 1973, après la guerre du Kippour, Israël occupe 500 mètres carrés supplémentaires, qui seront rendus en mai 1974 à la Syrie à la suite de l’accord syro-israélien négocié par le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger.
A la suite de la guerre des six jours, les premiers colons s’installent sur le plateau du Golan, tandis qu’environ 100 000 Syriens partent en exil. La colonisation israélienne se poursuit, à la suite de la guerre de 1973, puis en 1977 avec l’arrivée du Likoud au pouvoir. Le 14 décembre 1981, le Golan est annexé par le Parlement israélien et le 17 décembre, cette décision est déclarée « nulle et non avenue » par l’Assemblée générale de l’ONU. En 1992, les colons juifs du Golan sont estimés à 12 000. En 2005, 16 000 Syriens vivent sur le territoire du Golan. Aujourd’hui, 18 000 Syriens y vivent ainsi que 20 000 colons juifs.

Les négociations de paix entre Israël et la Syrie

Depuis 1967, la Syrie souhaite rétablir sa souveraineté sur le Golan. A la fin des années 1980, l’effondrement de l’Union soviétique pousse la Syrie à se rapprocher des Etats-Unis. C’est ainsi que la Syrie participe à la coalition lors de la guerre du Golfe de 1991. Le succès de la coalition décide les Etats-Unis à se pencher sur le règlement de la question israélo-arabe, et l’administration de George Bush organise la conférence de Madrid le 30 octobre 1991, dont le but est de parvenir au règlement de la paix. Il est prévu que des conférences bilatérales entre Israël et les différents Etats arabes, ainsi que des commissions multilatérales soient organisées, à l’issue de la conférence. Des négociations sont entreprises entre Israël et la Syrie, sur la base des résolutions 242 du 22 novembre 1967 (adoptée à l’issue de la guerre des six jours), et 338 du 22 octobre 1973 (adoptée à l’issue de la guerre du Kippour). Concernant plus précisément le Golan, la Syrie demande le retrait d’Israël sur la ligne du 4 juin 1967, c’est-à-dire sur la frontière syro-israélienne avant la guerre des six jours, en échange de la mise en place de relations politiques et économiques entre les deux Etats. Elle inscrit également ces demandes dans le cadre plus large du règlement du conflit israélo-arabe. Mais les négociations n’aboutissent à aucun résultat concret. Entre 1992 et 1995, sous le gouvernement d’Yitzhak Rabin (juin 1992-novembre 1995), les négociations se poursuivent, avec la volonté clairement établie de Rabin de mener à bien les négociations avec la Syrie, qui doit être « prête à signer une paix totale avec Israël », en échange d’un retrait « sur le plateau du Golan » [1]. Les négociations sont laborieuses, mais elles bénéficient de l’impulsion de Rabin. Le président syrien Hafez al-Assad demande notamment le retrait complet du Golan, c’est-à-dire jusqu’à la ligne du 4 juin 1967 et le démantèlement des colonies israéliennes. Yitzhak Rabin accepte verbalement le retrait israélien jusqu’à la ligne du 4 juin 1967.
L’assassinat d’Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995 fait entrer les négociations dans une nouvelle phase. Le gouvernement travailliste de Shimon Pérès reprend les négociations sur la base acceptée par Rabin du retrait jusqu’à la ligne du 4 juin 1967. Mais Shimon Pérès est battu aux élections de mai 1996 par Benyamin Nétanyahou et les négociations sont gelées : Nétanyahou estime que la paix avec la Syrie ne doit pas se faire au prix du retrait du Golan. En 1999, les travaillistes reviennent au pouvoir : Ehoud Barak, souhaitant le retrait de ses troupes du Sud-Liban avant 2000, estime qu’un accord avec la Syrie peut sécuriser la frontière sud et éviter les tensions avec le Hezbollah. C’est ainsi qu’il reprend les négociations avec la Syrie, mais il souhaite garder un accès à l’eau du Golan en conservant des terres, ce qui n’est pas acceptable pour la Syrie, Hafez al-Assad se basant sur les engagements territoriaux pris par Rabin.
Un nouveau sommet est organisé le 26 mars 2000, à l’initiative d’Ehoud Barak, réunissant les président Clinton et Assad. Mais ces négociations échouent à nouveau, le président al-Assad refusant à nouveau les demandes du Premier ministre Ehoud Barak de conserver la souveraineté israélienne sur les eaux du lac de Tibériade et sur celles du Jourdain. L’armée israélienne évacue le Sud-Liban le 24 mai 2000. Le président syrien Hafez al-Assad meurt le 10 juin 2000 et son fils Bachar lui succède.
Sous la présidence de Bachar al-Assad, des négociations indirectes reprennent en 2008 sous l’égide de la Turquie, afin de parvenir à « un accord global de paix ». La Syrie demande la restitution du Golan ; Israël que la Syrie cesse son soutien au Hezbollah et au Hamas, et sa coopération avec l’Iran. Ces négociations sont rompues en janvier 2009, à la suite de l’opération « Plomb durci » dans la Bande de Gaza. En février 2010, Benyamin Nétanyahou dit accepter une relance des négociations avec la Syrie, avec, si besoin, le recours à une puissance médiatrice. Mais il semble qu’au sein du gouvernement israélien, plusieurs ministres écartent la possibilité d’un retrait du Golan, même partiel. Dans ce contexte, début août 2010, le président syrien réaffirme : « Quiconque pense que la Syrie pourrait négocier au sujet de son territoire occupé se méprend. La libération du Golan est un droit profondément enraciné. (…) La paix requiert la restitution de tout le sol occupé, jusqu’à la ligne du 4 juin 1967 » [2]. La question de la paix entre la Syrie et Israël est également une préoccupation de la diplomatie occidentale : le 4 août, l’ancien diplomate français Jean-Claude Cousseran est nommé par la France émissaire spécial chargé de favoriser la reprise des relations entre Israël et la Syrie.

Bibliographie

Christian CHESNOT, La bataille de l’eau au Proche-Orient, L’Harmattan, Paris, 1993, 222 pages.
Marwa DAOUDY, « Le long chemin de Damas, la Syrie et les négociations de paix avec Israël », Les Etudes du CERI numéro 119, novembre 2005.
Frédéric ENCEL, Le moyen-Orient entre guerre et paix, Une géopolitique du Golan, Flammarion, Paris, 2001, 240 pages.
Textes rassemblés par Jean-François TROIN, Maghreb, Moyen-Orient mutations, SEDES, Paris, 1995, 348 pages.
Presse : Le Figaro, Le Monde, L’orient le jour
Site du Ministère français des Affaires étrangères
[1] In Marwa DAOUDY, « Le long chemin de Damas, la Syrie et les négociations de paix avec Israël », Les Etudes du CERI numéro 119, novembre 2005, page 15
[2] L’orient le jour, « la paix s’éloigne, le risque de guerre s’accroît », 2 août 2010.

Nasrallah : Le peuple a le droit de se défendre lorsque l'état se rétracte




http://www5.almanar.com.lb/french/a…

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a fustigé « les envieux et les vaniteux » qui ont prétendu que le Hezbollah n’a pas présenté une stratégie de défense nationale !
Ainsi, Sayyed Nasrallah a présenté un bref exposé des faits de la période 2005-2006, lorsque la Hezbollah a présenté sa stratégie de défense nationale autour de la table de dialogue nationale alors que personne des participants n’avaient proposé quoique ce soit sur ce sujet !
Puis dans la deuxième partie de son discours, son éminence a évoqué la question de la stratégie de libération, mettant en garde l’Etat libanais de ne point renoncer à son devoir national de définir une stratégie de libération nationale. " sinon ce sont les gens qui agiront car c’est leur droit de libérer leur terre, parce que l’Etat s’était désisté de ses devoirs", rappelle-t-il.
Principaux points de son discours :
En cette Journée qui nous rappelle les jours de la guerre de juillet 2006, et qui coincide avec la Fête nationale de l’armée libanaise, j’adresse mes salutations et mes félicitations à l’armée libanaise, son commandement, ses hauts-officiers, ses généraux et ses soldats : ces fils du peuple libanais qui sacrifient leur vie pour la sécurité et la stabilité du Liban..
1-La stratégie de défense nationale
Il faut souligner que personne nie que l’entité sioniste, son armée ont été vaincue en l’an 2000 : l’occupation israélienne s’est retirée du Liban-sud humiliée, sans conditions, sans aucune contre-partie, sans aucune récompense et toute parole qui prétend le contraire provient des envieux et des présomptueux..
De même, nul ne nie que la Résistance bénéficie du soutien et de l’affection d’une grande partie du peuple libanais, qu’elle a été bercée par le peuple libanais sachant que ce sont ses fils qui sacrifient leurs vies pour défendre le Liban des agressions de l’ennemi israélien, et toute personne qui nie cela fait partie des envieux et des présomptueux..
Nul ne nie, voire tout le monde sait que cette Résistance a offert et offre toutes ses victoires au peuple libanaise, à l’Etat, et qu’elle ne demande rien en échange..
Après la défaite israélienne en l’an 2000, les israéliens ont exigé d’en finir avec la Résistance : ils ont explicitement demandé le désarmement de la Résistance.. et donc derrière la question du désarmement des milices ce qui était visé en fait sont les armes du Hezbollah.
L’armement de la résistance était visé car il a imposé une nouvel équilibre de la terreur, un nouvel équilibre de dissuasion. Il est devenu le sujet principal de la communauté internationale, du Conseil de sécurité..
Là, je tiens à souligner que certains membres du bloc du 14 Mars ont adopté cette position, ou inconsciemment ou par adhésion à la une volonté israélienne.
A partir de là, la bataille des volontés a été déclenché : la bataille pour le désarmement de la Résistance.. Après l’an 2000, les Américains ont offert au Hezbollah des compromis alléchants liés au pouvoir, à l’argent, voire de nous rayer de la liste des terroristes.. Nous avons refusé parce que pour nous il n’est pas question de renoncer à notre terre, notre peuple, et notre dignité…
En 2004, cette fois c’est la Syrie qui s’est vue offrir des compromis des plus attrayants, or sachez qu’au moment où le bloc du 14 Mars se rendait aux Etats-Unis pour se réunir avec certains responsables américains, ces mêmes américains tenaient des négociations avec la Syrie sous la table !
A l’époque, un responsable arabe a proposé au président Bachar AlAssad de rester au Liban des centaines d’années et de violer les lignes rouges du Liban-sud en y envoyant deux unités syriennes spéciales !
Le président Bachar a alors demandé quel était le prix à payer en échange d’une telle offre, alors ce responsable arabe a répondu : « le désarmement du Hezbollah et des Palestiniens, il faudra que l’armée syrienne désarme le Hezbollah et la Résistance palestinienne, seulement alors le Liban sera à vous, même les lignes rouges au Liban-sud tomberont ! »
Voyez comment la question du désarmement du Hezbollah est cruciale et importante..
Le président Bachar a refusé, non parce que la Syrie est une société caritative, tout simplement parce que la Syrie a une stratégie, une logique, une vision..
Et donc le président Bachar a répondu à ce responsable arabe par une question à savoir : « si l’entité sioniste décide un beau jour pour sa sécurité nationale d’occuper le Liban, certes nos unités à la frontière seront balayées par l’armée de l’air israélienne, car nous ne disposons pas d’une couverture aérienne, alors que les combattants de la résistance libanaise qui sont les fils du peuple du Liban-sud, sauront mieux défendre leur terre, et donc la Résistance libanaise fait partie de la stratégie nationale arabe".
En l’an 2005 , la résolution 1559 a vu le jour, cette résolution censée désarmer la Résistance, cette résolution qui est de l’aveu de Sylvain Shalom le fruit des efforts conjugués des américains et des israéliens…
A cette époque nous tenions des réunions avec le martyr Rafic Hariri et nous avions évoqué avec lui la question des armes de la Résistance, nous étions parevnus à nous entendre de garder les armes de la résistance, jusqu’au réglement définitif avec l’ennemi israélien..
Puis l’homme a été assassiné et il s’est passé beaucoup de choses dangereuses depuis au Liban , et donc notre accord de discuter les armes de la Résistance s’inscrit uniquement dans le cadre de notre volonté d’épargner au Liban toute instabilité ou zizanie communautaire, juste pour ne pas être accusé à tort que nous refusons le dialogue, sachant que dans notre logique, la question des armes de la résistance n’est pas sujet à discussion car c’est une question nationale nécessaire pour défendre notre peuple des agressions israéliennes..
A cette époque, le président de l’Assemblée nationale, Nabih Berri a appelé à la tenue d’une table de dialogue nationale et nous y avons participé sans hésitation ou condition. Nous avons accepté de discuter notre vision d’une stratégie de défense nationale et nous étions très sérieux voire optimistes surtout qu’il y avait un accord sous-jacent entre nous et Saed Hariri sur tout ce que son père s’était mis d’accord avec nous.
Certes beaucoup de points ont été discutés autour de cette table mais quand nous sommes arrivés à la question des armes de la Résistance, là Nabih Berri a demandé aux participants de proposer leur projet ; personne n’a proposé quoique ce soit, c’est à ce moment que j’ai décidé de prendre la parole en premier et j’ai exposé notre stratégie de défense nationale : j’ai défini l’identité de l’ennemi, puis j’ai exposé ses capacités, ses formes d’agression, ses point forts et ses points faibles..
J’ai parlé du Liban : ses points faibles et points forts parce que, le Liban a des atouts de force dont entre autre le peuple libanais, l’individu libanais, sa volonté , son endurance, mais aussi la géographie du Liban : ses montagnes et ses vallées et même ses routes mal construites..
Nous n’avons pas exposé une stratégie de défense national exclusivement militaire, mais tout autant politique, diplomatique économique, éducative, sociale..
Et quand j’ai évoqué le volet militaire, j’ai insisté sur le tandem armée-résistance. Er j’ai démontré l’expérience réussie de la coopération entre la résistance, l’armée et même la diplomatie lors de l’agression israélienne "Raisins de la colère" mettant en échec toute tentative israélienne de marquer un point !
Enfin, j’ai conclu avec les propos du l’ex-Premier ministre Sélim Hoss, dans lesquels il avait souligné que « le véritable problème de la question des armes de la Résistance est qu’elles sont entre les mains d’une seule confession, or nous disposons d’une armée forte et nous avons une résistance et donc nous voulons une bonne coopération entre l’armée et la résistance mais il ne faut pas que la résistance soit sous les ordres de l’armée car cela la mettra en danger, nous voulions garder une marge pour à la résistance dans ses actions ».
Si je fais cet exposé, c’est pour adresser un message à certains menteurs au Liban qui prétendent que nous n’avons pas proposé de stratégie de défense nationale, je rappelle ces faits pour dénoncer leurs mensonges !
A l’époque de la table de dialogue national, monsieur Walid Joumblatt avait déclaré à la fin de mon exposé que mes propos sont à tenir compte et qu’il faudrait y réfléchir..Quelques jours la guerre de 2006 a éclaté..
Or, tout ce que nous avons affirmé concernant notre stratégie de défense nationale a été appliqué durant cette guerre voire tous nos arguments se sont avérées verdicts de l’aveu même de l’ennemi israélien.
Par exemple nous avons indiqué que l’armée de l’air israélienne est capable de détruire n’importe quelle armée classique mais elle est incapable de détruire la résistance.
Or, après leur défaite durant la guerre de 2006, les israéliens ont constaté et ont avoué que leur armée de l’air ne peut pas détruire la résistance !
Autre exemple, quand nous avons souligné que l’un des points faibles de l’ennemi israélien sont ses colonies : durant la guerre israélienne de 2006, nous avons visé les colonies sionistes, nous avons forcé la population israélienne à se réfugier dans les sous-sols, nous avons provoqué leur panique, du coup elles sont devenuse un instrument de pression entre nos mains contre le gouvernement israélien !
Après la guerre, le président Souleiman a demandé une nouvelle réunion de la table de dialogue nationale avec comme unique sujet de débat la stratégie de défense nationale !
Durant ces séances et jusqu’à ce jour, aucun document n’a été présenté par les participants argumentant ou critiquant notre stratégie de défense nationale, personne nous a débattu ou discuté !
Personne nous a dit que par exemple sur ce point faible concernant l’ennemi israélien vous avez tort et a apporté la preuve..
Jusqu’à ce jour personne a discuté ni pendant les séances de la table de dialogue ni en dehors, les arguments de notre stratégie de défense, et la raison c’est qu’au fond ils ne souhaitent ni pendant ni ailleurs en discuter ou en débattre car leur seul but c’est de désarmer la Résistance..
On tente de leur parler avec raison et logique en invoquant des exemples de l’histoire de la résistance comme le cas du Vietnam ou le cas de l’Algérie, mais c’est comme vous parliez à des sourds : ils ne veulent vous écouter, ils ne veulent qu’une seule chose, désarmer la Résistance..
Ils ne sont pas soucieux de protéger le Liban et j’assume mes paroles en ce mois de Ramadan, dans ce bas monde et dans l’Au-delà !
Personne n’est soucieux de la sécurité du Liban-sud, de ses villages, de ses habitants..
Certains documents du bloc du14 mars sur la stratégie de défense nationale ont été publiés : lisez-les pas un seul point évoqué sur notre stratégie de défense nationale !!
Un des cadres du bloc du 14 mars a déclaré au président Souleiman : « Cessez de vous préoccuper, quand le régime de la Syrie tombera alors le Hezbollah présentera ses armes », celui-là ne se soucie guère de la population du sud qui vit à la frontière de la Palestine occupée.
Et quand un autre cadre du bloc du 14 mars affirme que le dialogue sur la Stratégie de défense nationale est un dialogue de sourds, il dit vrai car personne ne veut nous entendre..
Et nous le réaffirmons nous ne voulons pas que la table de dialogue échoue, mais nous refusons que la participation de cette équipe se retourne contre le président, et devient un instrument de chantage pour imposer ses conditions comme par exemple la question de la data du ministère des télécommunications.
Le Hezbollah refuse de telles actions, car cela ouvre la porte à toute partie qui souhaite imposer des conditions ou a des exigences de pratiquer le chantage..
Si le but du dialogue est la défense du pays, cela est une cause des plus nobles, elle est plus importante que la question économique ou sociale.
Certains prétendent que le gouvernement dépend de la table de dialogue c’est faux de dire que la table fera voler le gouvernement, car ce dernier est né d’une entente politique..
Certains affirment que deux solutions se présentent, la première consiste à renforcer l’armée, or tel est le défi système libanais, ce dernier doit avoir l’audace de vouloir renforcer les capacités de l’armée libanaise.
Malheureusement, ce système craint les Etats-Unis et pas seulement dans le dossier de l’armée, même dans le dossier de électricité : ainsi il est interdit au Liban de recevoir de l’aide de l’Iran ou même de coopérer avec elle, sachant que l’Iran est prête à investir des milliards dollars au Liban.. Mais non, c’est interdit !
Parce qu’il y a le veto américain et la menace américaine de paralyser notre système financier et monétaire !
Autre proposition avancée, donner les armes de la résistance à l’armée, ses missiles, ses systèmes antimissiles etc. et là une question s’impose : où cacher toutes ses armes ? Où les déposer ? Où les mettre hors d’atteinte de l’armée de l’air de l’ennemi israélien ? Sans compter que cette armée ne dispose pas d’une couverture aérienne, elle n’a pas une armée de l’air, elle ne peut se cacher comme les gens de la Résistance dans leurs villages, leurs montagnes leurs vallées !
Celui qui veut se débarrasser des armes de la résistance se cache derrière l’armée !
Autre solution proposée que la résistance soit dirigée par l’armée.
Là, il faut savoir que ce qui protège le Liban est cet équilibre de la terreur que la résistance a imposé à l’ennemi israélien. En effet, tout comme le craint la puissance de l’armée de l’air israélienne, l’ennemi israélien craint les missiles de la résistance qui peuvent frapper n’importe quel point dans l’entité sioniste. Et donc, si un village, un port, une route est détruite au Liban par l’ennemi israélien, ce dernier sait parfaitement que le Hezbollah ripostera autant.. Ainsi les israéliens sont conscients du mal que la résistance peut leur provoquer !
Non pas à cause des armes de la résistance mais à cause de luer force de dissuasion, et cette force provient du courage et de l’audace dont jouit la résistance dans toute riposte face à toute agression.
Autrement si les armes de la résistance sont placés sous l’autorité de l’Etat libanais, la question qui se pose : est-ce que l’Eta libanais aura suffisamment l’audace et le courage de les utiliser contre l’ennemi israélien en cas d’agression ?? Déjà il est incapable de résoudre la question de l’électricité, alors de là à frapper l’entité sioniste !
Certes ces armes perdront leur puissance dissuasive entre les mains de l’Etat, car un simple coup de fil de la part des Etats-Unis suffirait à dissuader le gouvernement de riposter à une agression israélienne !
L’ennemi doit rester en état d’alerte, se sentir toujours sous la menace, sous tension et compter mille fois avant de nous agresser !
Et donc la parfaite stratégie de défense nationale, en tenant compte des circonstances régionales et locales, consiste en une coopération entre l’armée et la résistance !
2- la stratégie de libération
Autre point que j’aurais souhaité élargir avec vous mais faute de temps je me contenterai d’évoquer ses grandes lignes : la stratégie de libération !
Cette question n’est pas nouvelle, nous l’avions évoqué lors de notre exposé sur notre stratégie de défense nationale !
Or, tant qu’il une parcelle de notre occupée par l’ennemi israélien, cette stratégie est nécessaire, surtout qu’ il y a les fermes de Chebaa, les collines de Kafar Chouba et une partie du village de Ghajar qui sont toujours occupés par l’ennemi israélien !
Et la je m’adresse à tous ceux qui affirment être les défenseurs de la souveraineté du Liban : quand la bande frontalière au Liban-sud était occupée, y-a-t-il quelqu’un qui s’est soucié des habitants de cette bande, de leur vie sous occupation israélienne, de l’humiliation qu’elle leur faisait subir, de la terreur qu’elle leur faisait vivre sans distinction entre femmes, enfants ou vieillards, alors quid les collines de Kafar Chouba ?!
Par conséquent, nous demandons à ce que la stratégie de libération soit discutée autour de la table de dialogue nationale.
Et si l’Etat libanais refuse de définir une stratégie de libération alors il est du droit des Libanais, du peuple libanais du Libanais du sud de prendre les choses en main..
Si l’Etat ne veut rien faire alors nous allons faire notre devoir, mais sachez que l’abandon par l’Etat à déterminer une stratégie de libération est un désistement de ses fonctions , si l’Etat se démet de sa fonction de libérer sa terre occupée, il est du droit des gens de la libérer..
Et si vous vous demandez, pourquoi refuser une stratégie de libération, et c’est parce qu’elle enracine la résistance alors que la stratégie de défense annule la résistance !
Nous, qui avons déclenché cette résistance, nous ne sommes pas des adorateurs de la terre ou des adorateurs du pouvoir ou encore des armes, nous sommes des adorateurs de Dieu qui nous a ordonné de défendre notre dignité, de défendre notre humanité, de nous défendre face à tout agresseur, la résistance est une question, essentielle ,existentielle , religieuse, et spirituelle….

mardi 9 octobre 2012

Massacres de Sabra et Chatila: implication des Etats-Unis (NY Times)

Source : www.almanar.com.



Le quotidien amèricain le «New York Times» a publié des documents secrets prouvant l'implication des États-Unis dans les massacres de Sabra et Chatila en 1982!
Dans son article intitulé « Le massacre qui aurait pu être évité», Seth Anziska, chercheur à l'Université de Columbia États-Unis, a réussi à se procurer des documents historiques dévoilant le contenu de conversations  ayant eu lieu entre des responsables israéliens  et américains au cours de cette période.
Il cite un document  datant du 17 Septembre 1982, rapportant une  réunion qui s'est tenue entre le ministre de la guerre israélien,   à l'époque, Ariel Sharon et  l'émissaire du président amèricain au  Moyen-Orient Morris Draper.

Selon le document,  Sharon aurait assuré  qu'Israël évitera d'impliquer les Etats-unis  dans le massacre, en disant: «Si vous avez peur de vous trouver impliquer dans cette affaire,  aucun  problème, il suffit que les Etats-unis  nien toute implication ou leur connaissance dans ce massacre, et nous ferons autant"!
Le document souligne que ce dialogue confirme que les Israéliens étaient parfaitement au courant  que leurs alliés libanais avaient pénétré dans le camp, et qu'une opération de liquidation barbare avait commencé, commente l'auteur de l'article.
Un autre document révèle une deuxième réunion qui a eu lieu entre l'émissaire américain Draper et Sharon , à laquelle ont participé  l'ambassadeur américain Sam Lewis,  le chef état-major israélien Rafael Eitan et le chef des services de  renseignement militaire  Yehuda Sagi.
A cette réunion, l'émissaire amèricain a réiteré la position de son pays exigeant le retrait des forces de Tsahal de Beyrouth, alors Sharon lui répond: «"Les terroristes sont toujours dans la capitale et nous avons leurs noms; leur nombre varie entre 2000 et 3000".. Alors Morris Draper demande:  "Et qui se chargera de la sécurité des camps palestiniens?" Sharon répond: "l'armée et les forces de sécurité libanaises s'en chargeront".
Après des négociations, les deux parties sont parvenues à un accord pour le retrait des forces israéliennes du Liban durant les prochaines 48 heures mais  après le «nettoyage» des camps.
Sharon n'a pas quitté la réunion avant de s'assurer  que l'accord ne contient  aucune confusion sur la sélection des camps qualifiés de terroristes qu'il faut liquider et qui sont : Sabra et Chatila, Bourj Barajneh.
Puis Draper a souligné «mais certains affirmeront que l'armée israélienne est restée à Beyrouth afin de permettre aux Libanais de tuer des Palestiniens".
Sharon lui répond: " Alors nous les tuerons nous-mêmes, il n'est pas question de garder l'un d'eux en vie; et nous vous permettrons pas de sauver ces terroristes".
Draper  s'en presse de dire: «Nous ne sommes pas intéressés à sauver l'un d'eux".
Sharon réitére "Si vous ne voulez pas que les Libanais les tuent nous le ferons"!
Du coup, Draper conclut la réunion an affirmant: " Nous aimerions que vous vous retirez de Beyrouth.. laissez cette mission aux Libanais"!